Réparations après accident: l’assurance peut-il m’imposer son garage agréé

Souvent les assureurs font tout pour diriger les assurés victimes d’un sinistre vers des réparateurs avec lesquels ils ont passé des accords tarifaires. Et ils n’hésitent pas à nous opposer des arguments aussi percutants que fallacieux.

Quels sont les arguments des assureurs pour vous convaincre ?

« Vous avez l’obligation de faire réparer dans un garage agréé »
Faux : Contrairement à une idée reçue, le propriétaire d’un véhicule endommagé (accident, incendie, vol…) a la possibilité défaire appel à n’importe quel atelier. Sous peine d’atteinte à la libre concurrence : au regard de la charte du 14 mai 2008, art. 1.3, signée entre assureurs et réparateurs « Le libre choix du réparateur par l’assuré constitue un principe essentiel de la relation entre les assureurs, les assurés et les réparateurs ». Pourtant, mutuelles et compagnies tendent encore à vous orienter, parfois assez fermement, vers leur réseau.

La réparation risque de ne pas être aussi bien faite que dans nos ateliers agréés.
Faux : Les carrossiers-réparateurs indépendants sont tout aussi compétents et passionnés par leur métier que ceux qu’on veut vous imposer. En outre, ils sont souvent plus à l’écoute du client. Ce qui valorise leur image et leur réputation.

Alors, pourquoi ne sont-ils pas eux-mêmes agréés ?
Soit parce que leur structure ne correspond pas aux stricts critères de sélection pour l’agrément (équipements, surface, réputation, etc.), soit parce qu’ils refusent de se soumettre au diktat des puissantes compagnies (conditions de prix et de remises) sans obtenir de contrepartie en termes de volume de chiffre d’affaires. Car la pression sur le taux horaire et l’importance des remises sont telles que beaucoup ne parviennent pas à s’en sortir financièrement

« Il vous faudra avancer le montant des réparations »
Faux : « S’il est agréé, le garagiste nous transmettra la facture, franchise déduite. » Ô combien persuasif, l’argument invoqué par les assureurs ! Si la règle est, en théorie, de devoir avancer les frais quand le réparateur n’a pas d’agrément, il est souvent possible de s’arranger. En effet, les carrossiers, compréhensifs, acceptent en général de différer le paiement d’un mois ou deux, ou, mieux, de ne l’encaisser que lorsque vous êtes indemnisé. Toutefois, la solution idéale reste la « cession de créance » (article 1689 et suivants du code civil). Elle permet à l’atelier d’être réglé directement par l’assureur, vous dispensant ainsi de tout débours, sauf la franchise.

« Vous paierez plus cher »
Vrai et faux : Les tarifs des « indépendants » sont fréquemment plus élevés que ceux des réparateurs agréés, pressurés par les assureurs. Il est donc vrai qu’une franchise proportionnelle (pourcentage, avec un plafond) est plus importante avec une facture globale supérieure. Mais de nombreux carrossiers acceptent d’accorder une remise, voire d’effacer complètement la franchise si celle-ci n’est pas trop élevée.

« Vous n’obtiendrez pas de véhicule de remplacement »

Vrai et faux : Les compagnies imposent à leurs ateliers de prêter une voiture de courtoisie. Un argument qui plaide effectivement en leur faveur. Toutefois, les travaux durant en moyenne trois jours, il est souvent facile de s’organiser. Par ailleurs, la majorité des carrossiers-réparateurs disposent, eux aussi, d’un parc automobile affecté à la clientèle. Enfin, n’oubliez pas que l’assureur peut, de son côté, si le contrat le prévoit, prendre en charge la location d’une voiture.

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